Je n’irai pas, je n’irai plus.
Advienne que pourra,
Alea iacta est .
Une
chaleur incontrôlable montait dans son abdomen et remonter jusqu'à ses tempes qui battaient au rythme de son coeur aux palpitations puissantes, il avait l'impression que son sang voulait perforer
sa peau pour s'écoulait en un jet magistral comme si la quantité sanguine qui circulait dans ses veines était disproportionnelle à ce que son organisme pouvait contenir; Tout cela faisait partie
des troubles psychosomatiques qui l'empêchaient de vivre pleinement jusqu'à aujourd'hui. Il était devenu agoraphobe. Il était tributaire d'antidépresseur, qui avait pour rôle de lui faciliter la
vie quand il se trouvait dans des lieux inconnus. D'années en années, il avait pris sur lui même de calmer sa terreur dans telle ou telle situation, Il se raisonnait. Il avait surtout constaté que toutes ces crises n'avaient jamais fait de ravages réels, que sa peur
était injustifiée puisqu'elle n'entraînait auncun incident ormis le fait de l'immobiliser, le temps qu'il se rassure. Il ne comprenait pas comment ce syndrome était intervenu dans son existence ,
il avait toujours était audacieux, aventureux et téméraire.Il lui faudrait un jour discerner l'évènement qui l'avait entraîné dans cette torpeur qui paralysait entièrement son
comportement.
Je vous connais depuis
septembre 2007, vous lui ressemblez.
20 ans aujourd'hui et beaucoup de tristesse,
Trop tôt confronté à la mort, à l’impitoyable, à l’impuissance,
Perdu à jamais ton insouciance.
Tes plaies béantes se cicatriseront.
Les stigmates resteront douloureux mais
Un jour viendra où le bonheur te rattrapera,
Où tes yeux brilleront, où ton sourire ne sera pas feint.
La vie est cruelle, mais elle est belle aussi.
Crois moi, les beaux jours sont devant toi.
Mon fils, je t’aime et je te souhaite un bon anniversaire.
Aujourd’hui, j’ai ton âge, un âge où tout est encore possible, celui où tu avais tant de projets que tu avais d’ailleurs mis en place avec enthousiasme et détermination, tu n’as pas eu le temps de t’y atteler.
Aujourd’hui ma vie n’est que médiocrité, je subis les évènements avec pragmatisme et fatalité.
Toujours cette mélancolie, cette tristesse, ces images insupportables de l’agonie et de cette impuissance qui surgissent subrepticement J’attends ce temps où seul le beau m’apparaîtra.
Alors ce matin, j’essaie de me rappeler, toi, souriant, arrivant avec des fleurs, tôt, comme pour me dire c’est un jour important.
Demain, tu as, tu auras, tu aurais eu 47 ans,
Demain, je te porterai des jacinthes je sais que tu les aimes.
Demain , il fera froid, comme tous les jours depuis que tu es parti.
Demain, un bien étrange adverbe, pour ce qui fut autrefois.
Alors à demain…
Dés la première chimio, j’ai compris que c’était fini, le médecin voulait me parler et je l’ai envoyé promener, en hurlant que j’en avais assez de le voir. Je ne voulais pas me voir confirmer ce que je savais déjà. .Mon frère allait me quitter , je ne pouvais pas l’entendre. J’ai donc ausculté un mois durant cet état de fait. Puis le médecin a exigé fermement que je prenne rendez vous avec lui , je me suis exécutée. Nathalie était avec moi.
- votre frère est gravement malade, il ne répond pas au traitement , sa maladie sera de plus en plus épuisante, et son échéance de vie est à court terme
- à court terme , c’est-à-dire ?
- 3mois
- et comment va-t-il mourir ?
- il tombera très certainement dans le coma
- je ne veux pas qu’il souffre ni qu’on lui inflige des examens inutiles
- ne vous inquiétez pas, c’est pour moi très difficile de vous l’ annoncer et je considère ça comme un échec , j’ai réussi à vous soigner ainsi que votre mère , mais la science a ses limites, je suis désolé, je suis là pour toutes vos questions et je serai dévoué à votre frère.
- Mon frère ne doit rien savoir, il n’a qu’une envie , celle de vivre et de s’en sortir à tout prix, à supporter n’importe quel traitement . Ne dites rien à ma mère pour l’instant.
- D’ accord.
Et il fut décider d’une hospitalisation à domicile.
Puis j’ai quitté le bureau du médecin avec Natha , je suis descendue dans la cour de l’hôpital et j’ai éclaté en sanglots, là même où j’en avais vu tant des gens pleurer et désespèrer , il m’était impossible de me calmer et il fallait pourtant que je remonte dans la chambre d’Eric , il m’attendait pensant que j’étais partie fumer une cigarette, Nathalie ne réagissait pas , ou plutôt elle prenait sur elle essayant de me calmer , elle faisait ce qu’elle pouvait , elle était désemparée . Elle est montée la première retrouver Eric, Il m’ a fallu du temps pour me reprendre, je devais arriver dans la chambre souriante et confiante , continuer à plaisanter , à tourner en dérision tous les moments pénibles comme Eric le faisait . Et j’en ai eu la force, je sais que seul l’Amour nous donne cette force.
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